Bon vent !
Dans un demi-siècle, notre époque, dont une page importante vient de se tourner le mercredi 18 avril dernier, sera plus que probablement qualifiée de ‘Brackxisme’ dans le secteur touristique. Acteur de premier rang de l’internationalisation d’une industrie voyagiste – secteur qui, en raison de son aspect socio-culturo-émotionnel, a pu/du conserver de nombreuses attaches locales -, Bart Brackx réputé pour tirer ses meilleurs éléments toujours vers des sommets plus élevés sans en rechercher une gloire personnelle, à un point tel qu’en dehors du royaume, il s’est parfois attiré de vives critiques qui, en fin de compte ne le touchaient guère - entrera dans les livres d’histoire en tant que parfait maître magicien qui, en tout temps, est demeuré fidèle à sa philosophie d’entrepreneur à l’esprit d’artisan.
Partant de l’héritage familial que lui ont laissé son père Gerard et sa soeur Annemie, il est parvenu à mener de front et avec cohérence une politique à deux voies, dans le monde du touroperating et de l’aviation, pour donner naissance à un business model à long terme en matière de voyages entièrement organisés. Son caractère de visionnaire et son bon sens typique des entrepreneurs de Flandre occidentale - véritables fil d’Ariane qu’il a suivis tout au long de sa carrière - l’ont ainsi conduit aux plus hautes responsabilités de la scène touristique européenne, sans pour autant nuire à sa discrétion, son efficacité et son sens de l’écoute légendaires.
Des qualités que votre serviteur avait pu déjà observer de ses propres yeux, aux côtés de Paul Geyssens, actuel directeur de SNCB Europe, en juin 1989, juste au terme de la révolution qu’ils venaient de mener au sein du voyagiste VTB. A l’époque, dans l’anonymat du restaurant Le Renardeau de Beervelde, les Brackx, père et fils, avaient pris la peine et le temps d’écouter attentivement ces deux entrepreneurs aux idées novatrices lors d’une bonne conversation à mille lieues de toutes les icônes d’alors.
C’est également dans la discrétion et à un moment où le secteur ne l’attendait pas que Bart Brackx a décidé de tirer sa révérence*. Un départ qui, pourtant, n’a pas vraiment suscité un effet de surprise auprès de sa garde rapprochée. En l’occurrence aussi, il est demeuré fidèle à ses principes, suivant, en parfait pilote d’avion, le cap qu’il s’était fixé de longue date. Préparant depuis des années sa succession, il lègue à l’équipe de direction qu’il a formée une structure bien établie et prête à relever les défis de l’avenir, pour pouvoir, à présent, profiter des joies de la vie tout en restant disponible pour les encadrer, mais avec davantage de recul. Désormais, il ne nous reste dès lors plus qu’à lui souhaiter une réussite dans sa nouvelle vie à la hauteur de ses realizations professionnelles. Ou comme a pour coutume de le dire Georges Pernoud, en conclusion de chacune de ses emissions hebdomadaires Thalassa sur le service public français: bon vent Bart !
*Il a mis un terme à ses activités en France et aux Pays-Bas avec effet immédiat, mais reste actif jusque fin septembre et donc de l’exercice comptable, pour la Belgique et les autres petits marchés.