Transatlantique
Alors que la joyeuse entrée de Brussels Airlines dans Star Alliance génère une nouvelle dynamique pour l’aéroport de Bruxelles, d’autres importants transporteurs aériens se plaignent du favoritisme de Brussels Airport, privilégiant la compagnie du terroir. Cela n’empêche en tout cas que plus de 600 agents de voyages, directeurs de voyages d’affaires et professionnels voyagistes n’échapperont pas bientôt, et plus exactement à la mi-mars, aux ambitieuses réjouissances de la plus grande alliance aéronautique mondiale, mises en scène lors d’une grandiose réception qui se tiendra, on l’aura deviné, au cœur même de l’aéroport de Bruxelles!
Entre-temps, les compagnies de navigation aériennes mondiales redistribuent les cartes à la vitesse supersonique, dès lors que des turbulences s’annoncent à nouveau sur les marchés financiers. Apparemment, la crise financière qui nous frappa en 2008 et déboucha en 2009 sur une récession planétaire, n’est pas en passe d’être reléguée aux oubliettes. British Airways s’attend encore toujours à un déficit record pour l’année comptable 2009-2010, malgré d’excellents résultats affichables pour le troisième trimestre, et également grâce, e.a., aux méga- compressions de prix –économies– dont le fruit fut une réduction des frais d’exploitation de BA de l’ordre de 10,5 pourcent.
Entre-temps, BA a reçu de bonnes nouvelles de la part du Ministère américain des Transports (DoT), avec à la clé un certain nombre d’immunités anti-trust. La grande différence aujourd’hui par rapport à 2002 pour American Airlines et BA, qui dès à présent ne manqueront pas de resserrer leur collaboration, est qu’elles ne devront céder que 4 paires de droits d’atterrissage (slots, et plus précisément chaque fois 1 décollage et 1 atterrissage) pendant 10 ans aux autres compagnies aériennes opérant sur Heathrow. Deux slots se rapportent à la relation Londres-Boston, et les autres deux à d’autres destinations américaines. Ensemble, AA et BA détiennent 48 pourcent des droits d’atterrissage sur l’aéroport londonien. Il s’agit là encore toujours d’un nombre inférieur à l’ensemble des partenaires Star Alliance à Francfort qui, quant à eux, y possèdent 75 pourcent des droits d’atterrissage. Le plus important paramètre anti-trust à Londres demeure le hub géostratégique, appliqué au trafic transatlantique. Il est à préciser qu’à partir de l’aéroport précité, l’on voit s’envoler chaque année 2,5 millions de passagers vers les EU. L’Amérique a entre-temps sollicité une franchise analogue pour le ciel du Pacifique en resserrant les rangs avec la malmenée Japan Airlines. Voilà ce qui résulte de la récente convention « ciel ouvert » entre le Japon et les EU, conclue fin 2009.
Entre-temps, Skyteam et Star Alliance se pressent également au portillon pour obtenir une collaboration plus étroite sur les vols entre l’Union européenne et les EU, alors que la Commission européenne s’en tient, quant à elle, à poursuivre son examen de la convention oneworld à propos de la collaboration transatlantique. On ne manquera pas de suivre la suite!